Damus
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Susana Nunes
@Mama_ourse

Maman, entrepreneuse & un peu magicienne
✍️ J’écris sur la maternité, la paternité & l’invisible
👩‍❤️‍👨 Un bébé ne casse pas un couple, le manque d'outils si - j'aide les couples à s'y préparer
🎙️ Podcast Gardiens de la Naissance : https://fountain.fm/show/iHUMdTGH9iCA4CDArhN2

Relays (3)
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Recent Notes

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L'égoïsme est une qualité fondamentale indispensable quand on devient maman.

Si tu es future ou jeune maman, relis cette phrase jusqu'à l'intégrer pleinement.



Une femme que j'admire depuis des années a eu son quatrième enfant cette année. Elle a passé sa vie à défendre une idée : qu'il faut un village autour d'une mère, qu'il faut être là pour les autres pour être soutenue à son tour. Aujourd'hui, elle dit qu'elle n'a jamais imaginé être un jour aussi fière d'être la personne la plus égoïste qu'elle connaisse.



Il lui a fallu quatre enfants pour comprendre qu'il y a des saisons pour tout. Des saisons pour être là pour les autres. Et des saisons pour ne penser qu'à soi.



Le problème que je vois tous les jours c'est une société qui ne sait plus soutenir les jeunes mamans : tout le monde veut voir le bébé, peu s'assurent qu'elles mangent, qu'elles se douchent, que leur frigo est plein. C'est vrai, et c'est documenté : le suicide reste la première cause de mortalité maternelle en France jusqu'à un an après l'accouchement.



Mais il y a un deuxième problème. Le corps d'une femme en post-partum a besoin qu'elle pense à elle. Physiquement, mentalement, biologiquement. Lui demander en plus de gérer les susceptibilités des autres, c'est une incohérence physiologique.



Alors non, l'égoïsme n'est pas toujours un défaut. C'est même une grande qualité qui sauve la vie des jeunes mamans et elles devraient toutes le savoir.



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Je suis Susana, doula. Je passe ma vie à dire aux mères qu'elles ont le droit d'être égoïstes, et je ne compte pas m'arrêter.



#postpartum #maternity #ego #nostrfr #parenting #birth
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FarwestOutlaw · 5w
En autant qu'elle ne tue pas les enfants
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On raconte la disparition du village autour des jeunes mères comme une affaire de société, une chaîne rompue quelque part entre les générations. Une partie de la vérité est plus inconfortable : certaines d'entre nous l'ont éloigné elles-mêmes.

Je devais avoir 10 ans. Ma mère m'a donné une fessée parce que ma chambre n'était pas rangée. Je n'en avais aucun souvenir : c'est elle qui me l'a racontée cette semaine, en me parlant de ce qu'elle regrette dans sa façon de nous avoir élevées, moi et ma sœur, étonnée que je ne m'en souvienne pas.

Avec cette scène est revenu un lien que je n'avais jamais fait : dès qu'une visite est prévue chez moi, je range et je nettoie à fond, par automatisme, avec cette idée qu'il faut que les gens se sentent accueillis. Enceinte, puis en post-partum, tenir ce rythme en permanence est devenu impossible. J'ai trouvé, petit à petit, des excuses, et les visites sont devenues de moins en moins fréquentes.

Dans mon travail aujourd'hui, je retrouve ce réflexe presque partout. Une mère m'a raconté qu'elle a fini par décongeler les plats qu'elle avait elle-même préparés pour son post-partum, pour nourrir ses invités. Une autre, dont le fils est né un 20 décembre, s'est retrouvée à cuisiner le repas de Noël pour 12 personnes.

Le sujet dépasse chacune de nous prise isolément. Une société qui ne transmet plus rien sur le maternage récupère des femmes qui, en plus d'être épuisées, n'osent même plus demander de l'aide, parce que demander suppose d'accueillir, et accueillir suppose d'être irréprochable.

Je commence à comprendre pourquoi si peu de jeunes mères acceptent qu'on vienne les aider, que ses visites cuisinent chez elle ou sortent la poubelle.

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Je suis Susana, doula passionnée de la physiologie et du maternage. Je suis convaincue que pour changer le monde il faut commencer par la façon dont nous accueillons nos bébés et nous occupons de leurs mamans.

#postpartum #maternity #matrescence #chargementale #parenting #sorority #nostrfr #doula
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J'ai travaillé dix ans dans la finance. Je pensais avoir fait le tour du sujet de l'argent.

Puis j'ai changé de métier et j'ai commencé à accompagner des femmes en post-partum. Ce que j'ai découvert m'a choquée : une part énorme des femmes qui ont besoin de mon aide sont dans un état de dépendance financière complète vis-à-vis de leur conjoint.

Plus d'épargne personnelle. Peu de ressources propres. Une carrière mise entre parenthèses parce que ça avait du sens pour le couple, à un moment où ça avait effectivement du sens pour le couple. Et une conséquence inacceptable : aujourd'hui, elles n'ont même même pas les moyens de quitter des situations toxiques ou violentes.

Quand j'en parle, on pense souvent aux générations passées. Mais ce que je constate tous les jours ce n'est pas du tout un sujet d'archives. Ce sont des femmes de trente ans, diplômées, qui ont gagné leur vie, et qui se retrouvent quatre ans plus tard sans épargne à elles et avec un conjoint qui décide.

Et non, ne venez pas me dire qu'elles n'avaient qu'à travailler. Une femme ne décide jamais seule de s'arrêter : c'est une décision de couple, prise en regardant le coût d'une place en crèche, les horaires de l'un, le salaire de l'autre. Deux adultes choisissent ensemble un arrangement dont une seule porte le risque financier.

Je pense même l'inverse de ce qu'on entend partout. Pouvoir rester avec ses enfants les premiers mois devrait être un droit non négociable. Et si on comptait les économies que la société réalise sur le dos de ces femmes, en gardes non financées et en travail non rémunéré, on ne leur reprocherait pas de s'arrêter. On les paierait pour ce travail.

#souverainetefinanciere #maternity #money #postpartum #nostrfr #couple #parenting
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Mme Michu · 8w
"si on comptait les économies que la société réalise sur le dos de ces femmes, en gardes non financées et en travail non rémunéré, on ne leur reprocherait pas de s'arrêter. On les paierait pour ce travail." Ils ne veulent pas que les parents éduquent leurs enfants, suffit de voir comment ...
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La façon dont on traite la dépression du post-partum me pose un problème de fond.

Je pense que les femmes réagissent de façon totalement appropriée à une société qui ne leur offre ni respect, ni véritable soutien vers la maternité. Beaucoup ne réalisent même pas le traumatisme qu'elles ont vécu pendant l'accouchement, parce qu'il est tellement normalisé que plus personne ne le voit, alors que leur corps en garde la mémoire. Elles essaient de redevenir comme avant, elles ne mangent pas assez, elles ne se reposent pas assez, et peu de personnes vérifient qu'elles sont en mesure de le faire.

Alors se limiter au diagnostic d'une dépression, c'est une façon de se dédouaner. On médicalise, on colle une étiquette, on fait croire à une femme qu'elle est cassée et qu'elle a besoin d'être réparée, alors que sa biologie est en train de hurler que ce qu'on lui fait vivre n'est pas normal.

Je veux être précise, parce que le sujet est trop grave pour rester dans le flou. Dire que la cause est systémique ne veut pas dire qu'il ne faut pas se faire aider. Une femme qui ne dort plus, qui a des pensées noires ou qui a peur d'elle-même a besoin d'un accompagnement réel, tout de suite. Ça ne fait pas d'elle quelqu'un de cassé, ça fait d'elle quelqu'un qui ne peut plus porter seule le poids d'un système défaillant.

Et c'est là que le chiffre devient accablant. On estime que 85 % des femmes atteintes de dépression périnatale ne bénéficient d'aucune prise en charge thérapeutique. Plus de la moitié ne reçoivent même pas de diagnostic, et ce taux monte jusqu'à 70 % dans le post-partum.

Le système diagnostique les mères, leur donne une étiquette médicale, et ne leur fournit même pas le soin qu'il prescrit. Il garde la logique de la responsabilité individuelle et abandonne la partie soin.

#postpartumdepression #postpartum #mentalhealth #matrescence #maternity #birth #nostrfr #mothers #parenting
Studio Premières Lignes · 18w
Totalement d'accord avec constat. Quels types de livres lit-elle ?
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Pardon, je n'avais pas vu ce commentaire ! Nous avons toujours priviligié les livres qui ont de vrais messages qui correspondent à nos valeurs ou des livres qui abordent le sujet de l'expression des émotions, la compréhension du corps. Pendant longtemps ses livres préférés étaient la collection de BD Ana Ana. Mais quand on va à la bibliothèque on lui laisse prendre tout ce qu'elle veut et parfois on fini face à des histoires qui nous parlent peu, comme des histoires avec le père Noël ou des histoires de princesses complètement stéréotypées. Ça fait partie de ses goûts personnels, qu'on respecte, mais on profite toujours pour remettre en question avec elle ce qu'on lit, c'est hyper intéressant les discussions que nous pouvons avoir.
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Studio Premières Lignes · 10w
Merci pour ton retour. C'est très intéressant.
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Le nombre de femmes qui me disent qu'elles ne peuvent pas aller voir une psy du post-partum parce qu'elles n'ont personne pour garder leur bébé...

Des femmes en dépression. Qui savent qu'elles vont mal. Qui ont trouvé la bonne personne. Et qui restent chez elles, parce que le rendez-vous suppose implicitement qu'elles arrivent les mains vides.

Quand le suicide est la principale cause de mortalité des jeunes mamans en France, je trouve ça dingue qu'on ne sensibilise pas plus à ce sujet. On demande implicitement à une femme épuisée, isolée, qui allaite peut-être toutes les deux heures, de résoudre une équation logistique pour avoir le droit d'être aidée.

Car même si personne ne lui a dit qu'elle ne pouvait pas venir avec son bébé, elle a très bien compris le message qu'on lui envoie depuis son premier trimestre, quand on lui a conseillé de déposer un dossier de crèche avant même d'avoir un ventre, parce que les places partent vite.
Pendant ce temps, les hôtels no kids et les restaurants adults only se multiplient, au point que la Haute-Commissaire à l'Enfance a parlé en 2025 de dérive inacceptable et réuni les professionnels du tourisme.

Le message est clair : la place des bébés et des enfants est en structure, pas avec leurs mamans dans des espaces publics. Un enfant est un inconvénient, et une femme accompagnée de son enfant aussi.

Chaque jour, j'accompagne des jeunes mères. Avec un bébé en portage, au sein, ou en train de jouer à leurs pieds. Avec des enfants autour, du bruit, des interruptions. C'est leur réalité, donc c'est la mienne. Jamais je ne leur demanderais de s'adapter pour que je puisse les accompagner. Et si un rendez-vous doit être décalé parce que le bébé est malade ou agité, il n'y a aucun problème. Je suis passée par là.

Alors si tu es en post-partum et que tu repousses depuis des semaines parce que tu n'as pas de relais : tu as le droit de prendre soin de toi AVEC ton bébé. Et tu n'as même pas à demander l'autorisation.

Et aux professionnel.le.s de la périnatalité et de la santé mentale, une question bienveillante : combien de femmes ne franchissent jamais notre porte à cause d'une contrainte qu'on n'a jamais pensé à lever ? Et si on affichait partout que les bébés sont les bienvenus ?

#postpartum #ppd #psychologue #doula #maternity #parenting #matrescence #nostrfr
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"Vous n'aviez qu'à ne pas avoir d'enfants." C'est le commentaire que je reçois le plus souvent, dès que je parle de la fatigue du post-partum.

Alors voilà les chiffres français, pour qu'on arrête de discuter à l'aveugle. L'Enquête nationale périnatale de 2021 a mesuré pour la première fois la santé mentale des mères à l'échelle nationale, deux mois après l'accouchement : 16,7 % présentent des symptômes dépressifs majeurs. Dans le même échantillon, 27,6 % présentent de l'anxiété et 5,4 % ont des idées suicidaires.

La cohorte IGEDEPP, qui a suivi plus de trois mille femmes pendant un an, arrive à une incidence cumulée de 18,1 % sur la première année. Près d'une femme sur cinq.

Une femme sur six à deux mois. Une sur cinq sur l'année.

Si une entreprise sortait ces chiffres sur ses salariés, on auditerait l'entreprise. Si un secteur produisait ça, on ouvrirait une commission. Là, on regarde les femmes et on leur explique qu'elles l'ont bien cherché.

On veut des bébés mais on oublie les mères. Ce commentaire que je reçois toutes les semaines n'est pas juste le manque de bienveillance et d'empathie d'une génération, c'est le résumé assez fidèle de notre politique périnatale : responsabiliser individuellement des femmes.

Et il y a un chiffre pire que tous les autres, celui que j'ai gardé pour la fin. Je le détaille dans mon article sur Substack, lien en commentaire.

#postpartum #depression #burnout #maternity #matrescence #mothers #nostrfr
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Cette semaine, un futur père m'a demandé quoi mettre dans sa valise pour la maternité. Puis, il m'a envoyé une photo de son caleçon.

Je lui avais envoyé une checklist complète, et je lui ai proposé d'autres ressources pour se préparer à soutenir sa compagne pendant l'accouchement et le post-partum. Il m'a répondu oui, et que mon travail était génial.

Quelques jours plus tard, il m'envoyait une photo de son sexe "par erreur".

Ce n'est pas la première fois. Mon métier consiste à préparer des hommes à la naissance de leur enfant, et pour le faire sérieusement je dois leur parler du corps de leur compagne : les contractions, la peur, l'intimité, la sexualité du post-partum. Je dois aussi laisser une porte ouverte, parce que ce qui fonctionne avec eux c'est de pouvoir poser leur question la plus bête à quelqu'un de réel. Cette porte, c'est ce qui rend mon travail efficace. C'est aussi ce qui me rend joignable par n'importe qui.

Je pourrais en tirer la conclusion évidente et la fermer. Sauf que je connais la suite, je la vois se répéter partout : chaque fois qu'une femme abandonne ce terrain, un peu plus d'hommes arrivent en salle de naissance sans rien savoir. Et ce n'est pas eux qui en paient le prix, c'est la femme qui accouche à côté d'eux.

Alors je continue, d'abord parce que je refuse de croire en un monde où les femmes vivent dans la méfiance des hommes. Puis, pour deux autres raisons.

Mon mari d'abord. Il a sauvé mon premier allaitement, il m'a fait manger pendant mon deuxième travail alors que je repartais droit vers une césarienne, et il a compris tout seul, à un moment très précis, que sa présence ne m'aidait plus et qu'il devait quitter la pièce. Sa présence et son ancrage ont fait toute la différence.

Mon fils ensuite. J'élève un garçon, et il me regarde travailler. Je continue pour lui montrer que je crois toujours profondément dans le masculin, que je crois en lui, dans sa puissance, dans son potentiel. Si je fermais la porte en décidant une bonne fois que les hommes sont dangereux et qu'on ne peut rien en faire, c'est exactement ça que je lui apprendrais de lui-même.

Mon métier, c'est de faire ce travail d'éducation avec vingt ans de retard, sur des hommes adultes que personne n'a formés. Mon fils, lui, l'aura à l'heure.

#birth #fathers #men #nostrfr #harcelement #doula
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La sage-femme est arrivée dix minutes après la naissance. Le père avait déjà reçu sa fille dans ses mains, défait le cordon enroulé autour de sa cheville, et posé le bébé sur la poitrine de sa mère.

Quand il m'a raconté cette scène au micro de mon podcast, je lui ai demandé s'il avait eu peur. Sa réponse : non, pas du tout. Parce qu'il avait passé neuf mois à construire une confiance totale dans le corps de sa femme, dans la physiologie, dans la sage-femme qui les suivait.

Cet homme est père de quatre filles, toutes nées à domicile, avec un suivi médical sérieux et une inscription en clinique à chaque grossesse, au cas où. Et il résume son rôle pendant les naissances en une phrase que je voudrais afficher dans toutes les préparations à l'accouchement : être présent sans être imposant, ne transmettre ni inquiétude ni angoisse, ne poser que des questions de confort.

On parle beaucoup de préparer les femmes à accoucher. On parle très peu de préparer les hommes à accompagner. Pourtant, l'état émotionnel du partenaire le jour de la naissance fait partie des conditions dans lesquelles une femme accouche. Un homme paniqué transmet sa panique. Un homme préparé devient un point d'appui.

J’ai participé à un séminaire avec Michel Odent, obstétricien français reconnu qui a accompagné des centaines d’accouchements à domicile, et il était très clair sur le sujet : souvent dans un accouchement, son principal rôle n’était pas d’accompagner la femme qui accouche. Son rôle était d’inviter le père à aller prendre un café avec lui, pour faire sortir ses angoisses de la chambre.

Ce même père que j'ai interviewé est devenu hypnothérapeute. Il accompagne aujourd'hui des hommes en cabinet et voit revenir deux sujets chez presque tous : le rapport à leur propre père et leur place dans le couple une fois le bébé arrivé. Deux chantiers immenses, dont personne ne s'occupe avant la naissance, et qui coûtent très cher après. Il suffit de regarder les statistiques de séparations de couples dans l'année qui suit la naissance d'un bébé.

C'est exactement pour ça que j'ai créé Gardiens de la Naissance : parce qu'un père préparé change le vécu de la mère, la santé du couple et l'accueil du bébé. Et parce que ces hommes existent, qu'ils sont prêts à s'impliquer, à condition qu'on leur fasse une vraie place.

L'épisode complet est sur @Fountain : https://fountain.fm/episode/02YtF52X3V8SXyg6jjaz

#paternity #birth #value4value #parenting #postpartum #pregnancy #fatherhood #doula #couple #homebirth #nostrfr
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Jérémy Doku a annoncé qu'il voulait quitter la Coupe du Monde 2026 pour être là à la naissance de son fils. France Pierron a répondu à l'antenne que sa présence ne servirait à rien, que l'accouchement est un "moment dégueulasse", que le père y joue un "rôle de figurant".

Elle s'est excusée le lendemain mais le terreau dans lequel cette phrase pousse, lui, n'a pas disparu.

On vient d'allonger le congé paternité. Le 1er juillet, un congé supplémentaire de naissance entre en vigueur : 1 à 2 mois supplémentaires par parent, indemnisés. Ce sont de vraies avancées. Mais elles ne répondent pas à la question fondamentale : quel est le message qu'on leur envoie encore aujourd'hui ? Prépare les pères à ce qu'ils vont vivre dans ces semaines-là ? Des séances de préparation à la naissance conçues pour la mère. Un monde professionnel qui les traite exactement pareil avant et après la naissance.

Quand tout le système dit "ta présence n'est pas vraiment nécessaire", ce n'est pas étonnant que certains le croient. Leur volonté n'est pas en cause. Leur préparation, si.

La place du père à la naissance ne se décrète pas. Elle se construit, ensemble, avant.

Et toi, que penses-tu des propos de France Pierron ?

#paternity #nostrfr #naissance #worldcup #congepaternite #congenaissance #coupedumonde #accouchement #maternité #grossesse #postpartum #birth

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Ces dernières semaines, des rassemblements ont eu lieu partout en France pour exiger une meilleure protection des enfants.

J'ai cherché les hommes dans les photos : ils étaient quasi absents.

Ce constat m'a ramenée à un autre : les femmes qui se battent depuis des années pour un congé paternité paritaire, pour que les pères aient le droit légal d'être là à la naissance de leur enfant. Ce sont aussi des femmes, majoritairement.

En France, 28 jours de congé paternité. Et depuis le 1er juillet 2026, jusqu'à 2 mois de congé naissance supplémentaires entrent en vigueur, à 70% puis 60% du salaire. Une avancée. Pas à parité. En Espagne, c'est 16 semaines à 100%. En Islande, 3 mois non-transférables : si le père ne les prend pas, ils sont perdus. Résultat : 90% des pères islandais prennent leur congé. En France, moins d'un père sur deux prend même les 28 jours actuels.

Ce n'est pas une critique des hommes. C'est une critique d'un système qui ne leur a jamais vraiment dit que leur présence comptait. Qui a construit leur identité autour de la performance, pas de la présence. Et qui, au final, laisse les femmes porter seules deux combats qui devraient être partagés.

Je ne crois pas que les hommes ne veulent pas être présents. Je crois que le système ne les a jamais vraiment invités à l'être. Qu'on leur a construit une identité autour de la performance, de la productivité, du rôle de pourvoyeur, et qu'on n'a jamais valorisé, dans leur masculinité, leur capacité à tenir un enfant dans les bras, à être là dans la vulnérabilité des premiers jours.

Tout mon travail part de cette conviction : il est possible de construire un autre paradigme. Où les hommes reprennent leur juste place. Pas celle qu'on leur a assignée, pas celle qu'on leur a apprise à tenir, mais leur vraie place : dans la famille, dans le couple, dans la vie de leurs enfants. Avec toute leur force et toute leur douceur.

Pas pour soulager les femmes. Pour qu'ils soient entiers, eux aussi.

Et peut-être, à terme, pour qu'on n'ait plus à marcher seules pour des droits qui devraient être réclamés ensemble.

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