1,5 milliard d'euros par an. C'est ce que les administrations françaises versent chaque année à des éditeurs logiciels extra-européens.
La commission d'enquête de l'Assemblée nationale vient de déposer son rapport après six mois de travaux, 45 auditions, 112 personnes entendues. Menée par la rapporteure Cyrielle Chatelain et le président Philippe Latombe, elle sort du flou des chiffres qui méritent qu'on s'y arrête. Trois d'entre eux résument à eux seuls notre position : → 80 % des achats logiciels des administrations centrales partent chez des fournisseurs américains. Dépendance quasi totale à Microsoft, VMware, Oracle. Ce n'est pas une tendance, c'est une architecture. → 264 milliards d'euros : ce que les entreprises européennes dépensent en logiciels et cloud américains chaque année. À cette échelle, la dépendance n'est plus un risque, c'est un modèle économique — le leur. → 60 000 demandes de divulgation adressées par le gouvernement américain à Google au seul second semestre 2025. Plus de 5 500 à Microsoft. Taux de satisfaction : 89 %. Vos données « européennes » répondent déjà à une autre juridiction. Et pendant qu'on débat, la commission range désormais la coupure d'accès — le fameux kill switch — au rang des risques avérés, plus des hypothèses d'école. Philippe Latombe a d'ailleurs ouvert les débats en citant un cas survenu cette année. La souveraineté d'un hébergeur ne se négocie pas. Elle se vérifie ! Le rapport le dit sans détour : l'UGAP a dû reclasser des groupes « européens » domiciliés en Irlande… mais américains dans les faits. L'adresse de facturation n'est pas une nationalité. Pour une direction informatique, l'urgence n'est pas d'attendre une loi.
C'est d'adopter dès maintenant la bonne grille de lecture :
#SecNumCloud comme critère d'achat, vérification réelle de l'éditeur au-delà de sa domiciliation, et intégration du risque de coupure dans les plans de continuité. La dépendance se chiffre. La question, maintenant, c'est de savoir ce qu'on décide d'en faire.
Lionel Klein
Voilà voilà. Imaginez qu'on mette des moyens dans nos entreprises qui passent toute leur énergie à entretenir des communs numériques et à les alimenter, les adapter, des vulgariser auprès de nos services publics. Pas que
@nprofile1q... ou la
@nprofile1q... d'ailleurs.
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