Damus
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Susana Nunes
@Mama_ourse
Cette semaine, un futur père m'a demandé quoi mettre dans sa valise pour la maternité. Puis, il m'a envoyé une photo de son caleçon.

Je lui avais envoyé une checklist complète, et je lui ai proposé d'autres ressources pour se préparer à soutenir sa compagne pendant l'accouchement et le post-partum. Il m'a répondu oui, et que mon travail était génial.

Quelques jours plus tard, il m'envoyait une photo de son sexe "par erreur".

Ce n'est pas la première fois. Mon métier consiste à préparer des hommes à la naissance de leur enfant, et pour le faire sérieusement je dois leur parler du corps de leur compagne : les contractions, la peur, l'intimité, la sexualité du post-partum. Je dois aussi laisser une porte ouverte, parce que ce qui fonctionne avec eux c'est de pouvoir poser leur question la plus bête à quelqu'un de réel. Cette porte, c'est ce qui rend mon travail efficace. C'est aussi ce qui me rend joignable par n'importe qui.

Je pourrais en tirer la conclusion évidente et la fermer. Sauf que je connais la suite, je la vois se répéter partout : chaque fois qu'une femme abandonne ce terrain, un peu plus d'hommes arrivent en salle de naissance sans rien savoir. Et ce n'est pas eux qui en paient le prix, c'est la femme qui accouche à côté d'eux.

Alors je continue, d'abord parce que je refuse de croire en un monde où les femmes vivent dans la méfiance des hommes. Puis, pour deux autres raisons.

Mon mari d'abord. Il a sauvé mon premier allaitement, il m'a fait manger pendant mon deuxième travail alors que je repartais droit vers une césarienne, et il a compris tout seul, à un moment très précis, que sa présence ne m'aidait plus et qu'il devait quitter la pièce. Sa présence et son ancrage ont fait toute la différence.

Mon fils ensuite. J'élève un garçon, et il me regarde travailler. Je continue pour lui montrer que je crois toujours profondément dans le masculin, que je crois en lui, dans sa puissance, dans son potentiel. Si je fermais la porte en décidant une bonne fois que les hommes sont dangereux et qu'on ne peut rien en faire, c'est exactement ça que je lui apprendrais de lui-même.

Mon métier, c'est de faire ce travail d'éducation avec vingt ans de retard, sur des hommes adultes que personne n'a formés. Mon fils, lui, l'aura à l'heure.

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